La Minute Officine

Dr Jean-François Lemoine

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Le podcast pour les pharmaciens et acteurs de la Pharmacie

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SEP 2, 2026
Le comptoir n’est pas un ECG. Mais il est souvent le premier lieu de tri
L’édito audio du Dr Jean-François Lemoine « Il existe un automatisme du comptoir que je voudrais combattre : un patient dit que son cœur s’emballe, on pense stress, fatigue ou manque de magnésium. C’est parfois vrai. Mais parfois seulement. Le danger n’est pas que le pharmacien ne sache pas nommer le trouble du rythme. Ce n’est pas son rôle. Le danger serait qu’il rassure trop vite parce que la file s’allonge, parce que le patient paraît anxieux ou parce qu’une boîte de magnésium constitue une réponse simple. Face à des palpitations, la bonne réponse ne commence pas par un produit. Elle commence par six questions. Depuis quand ? Le début a-t-il été brutal ? Le cœur paraît-il régulier ou irrégulier ? L’épisode est-il toujours en cours ? Existe-t-il une douleur thoracique, un essoufflement, un malaise ou des vertiges ? Un médicament, une boisson énergisante ou une substance peuvent-ils être en cause ? Le pharmacien n’a pas à poser le diagnostic d’une fibrillation auriculaire, d’une extrasystole ou d’une tachycardie. Il doit savoir reconnaître le moment où le conseil s’arrête et où l’orientation commence. Il doit surtout résister à cette idée dangereuse selon laquelle tout ce qui survient chez une personne stressée serait nécessairement provoqué par le stress. L’anxiété peut accélérer le cœur. Elle peut aussi accompagner un véritable trouble cardiaque. Dans certaines situations, la réponse la plus professionnelle n’est donc pas de vendre. C’est de faire asseoir le patient, de ne pas le laisser repartir seul et d’appeler le 15. Le comptoir n’est pas un cabinet de diagnostic. Mais il est souvent le premier endroit où une situation banale peut être distinguée d’une situation préoccupante. Et cela, c’est pleinement le métier du pharmacien.
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